Les chatbots dans le monde des jeux

Les chatsbots dans le domaine du jeu

Les chatbots sont apparus dans les années 60, ils se sont développés progressivement pendant plus d’un demi-siècle pour devenir des outils incontournables dans divers domaines, dont celui du commerce en ligne. Que ce soit par écrit ou par la voix, les agents conversationnels impressionnent par leurs capacités à imiter les échanges humains et à fournir des informations particulièrement utiles, aux requêtes des utilisateurs. S’ils sont généralement exploités par des e-commerçants pour l’amélioration de leur relation client, ces programmes intelligents sont également utilisés à des fins ludiques et dans le monde des paris sportifs.

Les agents conversationnels pensés pour les jeux

Depuis quelques années, les grandes firmes américaines se sont lancées dans le développement de chatbots et ont mis sur le marché des logiciels remarquables parmi lesquels on peut citer Siri et Cortana.

Cette “Révolution” n’a pas tardé à toucher le Vieux Continent et à inciter de nombreux acteurs à investir dans des projets ambitieux.

Outre l’e-commerce et l’assistance sur les terminaux mobiles, les agents conversationnels sont utilisés dans divers domaines, tels que celui de la santé, de l’éducation ou des jeux, en France. Pour la finale de la Ligue des Champions qui a opposé la Juventus au Real Madrid, la Française des Jeux a décidé d’innover en lançant le premier bot  dédié essentiellement aux paris sportifs.

Baptisé Parions Sport PDV, le bot a été conçu pour offrir aux 3,5 millions de parieurs de la Française des Jeux, une nouvelle expérience. La première version de l’agent conversationnel a été pensée pour faciliter la préparation des paris lors de cette fameuse finale de la LDC. Il permet de parier rapidement en formule simple, de choisir les pronostics et de générer un e-bulletin, que l’utilisateur doit présenter en point de vente.

Equipé d’un système de géolocalisation, le bot peut détecter les points de vente ParionsSport à proximité de l’utilisateur pour qu’il puisse valider sa prise de jeu.

chatbots et les agents conversationnels

Le programme de FDJ a été développé par la start-up Botfuel. Cette dernière dispose d’une plateforme de développement de chatbots dédiés aux entreprises et des compétences nécessaires pour répondre aux attentes des groupes, tels que FDJ.

Dans une interview, le représentant du développeur n’a pas manqué de faire part de sa satisfaction concernant la réussite de l’agent conversationnel.  

A titre d’information, le lancement du chatbot Parions Sport PDV compte parmi les nombreuses étapes du projet stratégique FDJ 2020, dont les objectifs sont d’accompagner l’évolution des usages numériques des utilisateurs et d’exploiter les nouvelles technologies afin d’optimiser l’expérience client.

Pour le groupe, créer un bot a été la solution incontournable pour fournir un nouvel accès à l’offre sport et pour exploiter un des plus importants canaux du moment, les applications de messagerie. Grâce à l’agent, il a désormais l’opportunité de s’ouvrir aux 3 milliards d’utilisateurs d’application de messagerie instantanée.

Outre Botfuel, la Française des Jeux a travaillé en partenariat avec d’autres startups afin de moderniser progressivement ses services. Avant l’apparition du chatbot, elle a expérimenté des écrans connectés dans des zones spécifiques, dans le but d’optimiser le trafic vers ses points de vente.

Les bots Messenger dédiés au divertissement

Pour de nombreux spécialistes en expérience client (UX), les applications de messagerie et les chatbots vont devenir les prochaines tendances d’internet.

Les agents conversationnels nouvelle génération peuvent se révéler d’une grande utilité dans les achats en ligne, dans le choix d’une formule d’assurance santé, dans les paris sportifs, mais également pour passer le temps. Voici quelques bots Messenger pouvant offrir aux utilisateurs, de petits moments de divertissement.

Game of Thrones Survival

Application conçue pour les fans de la série, Game of Thrones Survival est un jeu de quiz basé sur un chatbot. L’utilisateur peut choisir entre deux modes (7 Kingdoms Quiz et Live the Adventure) et doit répondre à l’ensemble des questions fournies par l’agent conversationnel, pour survivre et engranger des points.

Newsbytes

Newbytes est un bot conçu pour les utilisateurs qui aiment se divertir tout en suivant l’actualité. Le bot peut diffuser les nouvelles en direct ou effectuer de simples résumés de la journée, en fonction du choix de l’internaute.

Il propose une liste d’articles illustrés pouvant être lus partiellement ou en intégralité.

ProjectMurphy

Développé  à des fins purement ludiques, ProjectMurphy compte parmi ces agents qui mettent efficacement en lumière la capacité de compréhension des chatbots. Le personnage fictif de l’appli est programmé pour répondre aux questions des utilisateurs à l’aide d’images.

Il est suffisamment performant pour répondre à des questions dans divers domaines.

Whatson

A l’instar de Game of Thrones Survival, Whatson est un jeu de quiz embarquant une intelligence artificielle capable d’imiter les échanges humains. Ses questions peuvent aborder différents domaines : œuvres cinématographiques, Univers, célébrités, etc.

A chaque bonne réponse, le joueur gagne 10 points et il perd le même nombre de points, dans le cas où il fournit une mauvaise réponse.  

Foxsy

Foxsy est le chatbot recommandé pour ceux qui souhaitent faire de nouvelles rencontres. Ce programme intelligent peut rapidement en relation des individus partageant les mêmes centres d’intérêt.

Avant de contacter une personne, l’appli propose une liste des utilisateurs susceptibles de partager les passions de l’utilisateur. Une fois ce dernier prêt, l’IA va le guider à travers les différentes démarches.

Cat Pic Bot

Comme son nom l’indique, Cat Pi Bot est destiné aux amateurs de chat. Le bot est capable de choisir les plus beaux gifs et images de chats et de les diffuser à l’utilisateur.

Hormis la sélection de contenus visuels, Cat Pic Bot peut engager des conversations et discuter de nombreux sujets, touchant les félins.

Alex WikiMessenger

Fonctionnant à partir d’un système de mots-clés, Alex WikiMessenger n’est pas aussi performants que les chatbots pouvant engager des conversations en langage naturel, mais reste toutefois intéressant pour ceux qui souhaitent satisfaire leur soif de connaissance tout en profitant de petits moments de divertissement.

A partir des mots et des expressions clés contenus dans les requêtes des utilisateurs, le programme va sélectionner les informations les mieux adaptées et fournir des réponses illustrées.

WTF is that ?

Utilisant une IA plus poussée que celle d’Alex WikiMessenger, WTF is that ? est un chatbot pouvant reconnaître les images et fournir rapidement des informations sur celles-ci.

L’application peut reconnaître des animaux et différents objets : fruits, bâtiments célèbres, véhicules, etc.

Jessie’s Story

Jessie’s Story a été pensé pour travailler l’imagination. Le bot répondant au nom de Jessie a été programmé pour raconter son histoire et d’offrir à l’utilisateur, l’opportunité de participer au déroulement de celui-ci, pour ensuite le façonner selon ses envies.

Purement ludique, l’application démontre toutefois que les agents conversationnels peuvent être utilisés dans divers domaines et leurs tâches ne consistent pas essentiellement à améliorer la relation client et à fournir des réponses aux interrogations des internautes.

Durian the bot

Durian the bot est un programme chargé d’offrir de petits moments de détente, en fournissant des blagues.

A chaque blague, l’agent demande une évaluation de la qualité de son service à travers d’un commentaire personnalisé. En choisissant “nul”, l’utilisateur va recevoir d’autres contenus hilarants jusqu’à ce qu’il soit satisfait.

Lingio Quiz+Translate

Lingio Quiz+Translate est un bot qui a pour rôle d’aider dans l’apprentissage d’une langue : anglais, espagnol, etc.

Il propose une section dédiée à la traduction directe et un mode permettant d’apprendre tout en s’adonnant à de petits quiz.

Pour information, Messenger est une application de messagerie, mais également une plateforme d’applications mobiles.

Avec ses 900 millions d’utilisateurs et son “magasin de bots”, il compte parmi les terrains les plus prisés des développeurs dans la mise en place d’agent conversationnel.

Chatbots : les divertissemens

Les chatbots

Vers la fin de 2015, l’engouement des internautes pour les applications de messagerie a ouvert de nombreuses opportunités aux entreprises. Hormis les campagnes webmarketing réalisés sur ces types de canaux, de nombreuses structures ont investi dans la création de chatbots afin de fournir des services innovants, d’optimiser l’expérience utilisateur et d’améliorer la relation client.

L’architecture de chaque agent conversationnel est constituée de trois éléments, à savoir l’interface, le moteur chargé de traiter les messages des utilisateurs et celui NLU.

L’interface peut être une application, telle que Messenger, Slack, ou un logiciel de chat intégré à une plateforme web.

Le moteur dédié au traitement des informations émanant des internautes quant à lui, reprend le fonctionnement des back-end. Il dispose d’une base de données qui va se charger entre autres du stockage des informations.

Elément différenciant les bots des programmes adoptant une architecture classique composé d’un front-end et d’un back-end, le moteur NLU a pour rôle de transformer les entrées des utilisateurs en actions exécutables.

Il faut savoir que, les chatbots ne sont pas uniquement destinés à comprendre des messages textuels. En effet, ces derniers ne sont que des événements contenant des méta-informations nécessaires à l’élaboration des réponses et peuvent être remplacés par d’autres actions.

Dans un souci de fluidité, un nombre grandissant de développeurs créent des bots pouvant réagir à d’autres événements,  tels que la pression d’un bouton ou l’envoi d’une localisation GPS.

Outils utilisés pour interagir avec des services existants (relation client, etc.), les agents conversationnels se sont grandement développés ses dernières années, grâce à l’essor de l’intelligence artificielle, du Natural Language Processing (NLP) et d’un de ses sous-domaines, le Naturel Language Understanding (NLU).

Le NLU allie IA, informatique, linguistique et permet d’analyser une information, afin de déterminer l’intention de l’utilisateur et d’extraire les méta-données. Grâce à cette technologie, un bot peut répondre par une expression logique ou exécuter une action spécifique, en guise de réponse à une requête.

Chatbot : origine et évolution

Les premiers chatbots répondaient au nom d’ELIZA, de PARRY et de SHRDLU. Considéré comme le premier agent conversationnel destiné à imiter le langage humain, ELIZA a été créé en 1966 par Joseph Weiznbaum du MIT (Massachussetts Institut of Technology) en se basant sur la technique de l’écholalie.

Imaginé pour simuler un psychothérapeute rogérien, il fournissait des réponses en s’appuyant sur des mots-clés et malgré ses nombreuses lacunes, il a réussi à rendre dépendantes émotionnellement un certain nombre d’utilisateurs.

Après ELIZA, PARRY et SHRDLU, les agents conversationnels ont fait un long chemin avant d’embarquer un système d’apprentissage des informations émises dans les conversations. Connu comme un des premiers learning bot, ECTOR est capable d’extraire des connaissances à partir des échanges, mais les résultats étaient encore peu satisfaisants à l’époque.

Au début du XXIème siècle, des programmes particulièrement évolués tels qu’ALICE ont vu le jour et ont marqué une nouvelle ère pour les chatbots.

Que ce soit en Europe ou aux Etats-Unis, des chercheurs tentent de faire comprendre aux bots, des signaux non-verbaux afin de fournir des réponses nettement plus satisfaisantes aux utilisateurs.

Chatbot : origine et évolution

Spécialisée en agents conversationnels, Catherine Pélachaud de CNRS et de l’Université Pierre et Marie Curie travaille sur des programmes capables d’analyser la prosodie de la voix, les gestes afin de déterminer  l’état émotionnel et mental de l’interlocuteur, et d’intégrer les informations récoltées dans les réponses.

La chercheuse a dévoilé que des agents empathiques ont déjà été utilisés dans le dépistage médical de la dépression et les résultats étaient plus que satisfaisants. D’une part, les bots ont pu fournir des réponses rassurantes à leurs interlocuteurs et d’autre part, ces derniers n’ont pas hésité à s’engager dans des échanges, sachant que les machines n’ont pas encore la capacité de les juger.

D’après le créateur de bots, Matthieu Varagnat, les avancées technologiques permetttent de créer des agents de plus en plus intelligents et imitant de mieux en mieux l’humain. Dans un futur proche, les développeurs vont devoir apprendre leurs créations à bien se comporter pour espérer séduire les consommateurs.

Outre le comportement, l’éthique pourrait devenir un élément à ne plus négliger dans la conception des agents conversationnels.

En charge de créer des robots intelligents, David Sadek a élaboré un algorithme auto-apprenant dont le rôle est d’accélérer les avancées des flottes navales. Lors de la phase de test, ce bot militaire a fait preuve d’un grand manque d’éthique en choisissant de délaisser les navires touchés par les ennemis, afin d’optimiser la vitesse de sa flotte.

Selon Diana Filippova, doctorante à Télécom ParisTech, la mise en place d’un test de moralité, reprenant certaines caractéristiques du test de Turing, devrait être mis en place pour évaluer l’éthique des algorithmes intelligents.